Nucléaire

 

Gestion des déchets nucléaires : question posée au Sénat par Marie-Christine Blandin (Les Verts)

Conditions financières et économiques de la gestion des déchets nucléaires

Ministère de dépôt: Industrie

Question écrite Nº 15906 du 10/02/2005 page 357 avec réponse posée par BLANDIN (Marie-Christine) du groupe SOC .

Mme Marie-Christine Blandin souhaite attirer l'attention de M. le ministre délégué à l'industrie sur les conditions financières et économiques concernant le démantèlement et la gestion des déchets nucléaires à moyen et long terme. Comme le révèlent les conclusions générales du rapport de la Cour des comptes (janvier 2005) sur le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs, la gestion des déchets nucléaires revêt des risques sanitaires et environnementaux, elle revêt aussi des risques économiques et financiers. Si les fonds viennent à manquer, les risques écologiques et sanitaires s'en trouveraient accrus. La gestion des fonds dévolus aux futurs démantèlements et à la gestion des déchets nucléaires pose des questions fondamentales ; le rapport nous alerte et pose les questions suivantes : les principaux opérateurs en responsabilités, AREVA, CEA, et EDF ont-ils les provisions financières pour assurer le démantèlement des centrales nucléaires les plus anciennes et assurer le coût de la gestion des déchets ? Dans la perspective d'une ouverture du capital d'AREVA et d'EDF dans des marchés devenus fortement concurrentiels, " sans mécanisme de sécurisation, le risque existe que les conséquences financières de leurs obligations de démantèlement et de gestion de leurs déchets soient mal assurées et que la charge ne rejaillisse in fine sur l'Etat " (sur le contribuable et l'usager). La crainte de la Cour des comptes fait écho à celle de nombreux parlementaires et, au-delà, de l'opinion publique en général. Elle lui demande quelles dispositions compte prendre le Gouvernement pour s'assurer d'un financement sécurisé et à la hauteur des enjeux sanitaires et environnementaux.

Ministère de réponse : Industrie - Publiée dans le JO Senat du 07/04/2005 page 989.

L'industrie nucléaire procure à notre pays une source d'énergie importante, lui assure l'accès à un kilowattheure compétitif, permet de limiter nos émissions de gaz à effet de serre et garantit à la France un taux d'indépendance énergétique élevé. Comme toute industrie, elle génère des déchets qu'il convient de gérer : il peut s'agir de déchets issus de l'exploitation des installations nucléaires mais également des déchets liés au démantèlement de ces installations à la fin de leur exploitation. Ces opérations sont caractérisées par une durée et un coût importants. Dans le souci d'une gestion prudente et transparente de ces charges de long terme, et au vu des contraintes posées par ces interventions, des mesures spécifiques ont été mises en place à la demande des pouvoirs publics. Elles permettent d'identifier clairement le responsable, de valoriser le passif, de définir les provisions à mettre en place et d'assurer le financement des actions de démantèlement et de gestion des déchets radioactifs. Ainsi, les industriels du secteur nucléaire assument la responsabilité financière du démantèlement de leurs installations nucléaires et de la gestion des déchets radioactifs, en vertu du principe pollueur-payeur posé par l'article L. 541-2 du code de l'environnement. Cette responsabilité se matérialise dans les comptes par la comptabilisation au passif de ces entreprises (principalement le CEA, EDF et AREVA) de provisions pour charges nucléaires de long terme. En ce qui concerne l'évaluation de ces charges, et donc le montant de ces provisions, la Cour des comptes note qu'elles font l'objet de calculs fondés et précis. Les provisions présentées dans les comptes des industriels représentent la meilleure appréciation actuelle des coûts futurs attendus sur la base d'un processus industriel et d'un échéancier réaliste.
A cet égard et malgré les incertitudes liées à ces évaluations, la Cour des comptes a récemment confirmé dans son rapport que les provisions d'EDF sont aujourd'hui le fruit de calculs très scrupuleux et détaillés : si des sous-évaluations critiquables ont été faites au cours de la décennie précédente, ce n'est plus le cas aujourd'hui et les incertitudes, au demeurant clairement affichées, portent sur les provisions de fin de cycle. S'agissant de la gestion ultime des déchets, à la demande des pouvoirs publics, un groupe de travail réunissant les producteurs de déchets, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) et les administrations concernées a été mis en place au dernier trimestre 2004. Le rapport de ce groupe de travail attendu pour la mi-2005 devrait permettre de disposer d'un référentiel partagé d'évaluation des charges de long terme des producteurs pour la gestion des déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue. La définition de la solution technique de gestion pour les déchets radioactifs est liées aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à vie longue qui sont en effet encadrées par la loi du 30 décembre 1991. Celle-ci prévoit qu'à l'issue d'une période de quinze années de recherches selon trois axes (la séparation poussée-transmutation, le stockage souterrain en couches géologiques profondes, l'entreposage de longue durée en surface) le Gouvernement transmettra au Parlement un projet de loi relatif à la gestion des déchets radioactifs. L'échéance parlementaire de 2006 devrait permettre de dégager des orientations quant aux solutions de gestion qui pourraient être mises en place et ainsi accroître la visibilité sur le sujet de la gestion des déchets radioactifs.
A cette occasion, et d'une façon plus générale, un bilan sur les dispositifs déjà existants et sur la manière dont ils pourraient encore être affinés sera fait et celui-ci pourrait donner lieu à la mise en place de dispositions législatives. Au-delà de la constatation d'un passif, il est nécessaire de s'assurer de la capacité financière des entreprises à assurer le moment venu le règlement de ces charges. Cette nécessité a donné lieu à la mise en place au sein des entreprises d'actifs dédiés à la couverture des charges de long terme. Le CEA et AREVA disposent d'ores et déjà d'actifs destinés à couvrir le moment venu le financement des charges de long terme du nucléaire ; ces actifs sont suivis par des comités spécifiques rapportant aux conseils d'administration ou de surveillance de ces différentes entités. EDF, pour sa part, poursuit actuellement un plan de constitution d'actifs. Par ailleurs, le souci du Gouvernement de voir se mettre en oeuvre des modalités de financement pérenne de ces charges de long terme a été présenté officiellement dans le cadre des discussions en cours sur les projets de directives européennes liées à la gestion des déchets radioactifs et à la sûreté des installations nucléaires. En raison de l'opposition de certains autres pays européens, ces projets de directive n'ont pas pu aboutir. Un plan d'actions a toutefois été décidé de façon à faire émerger des propositions concrètes à l'horizon 2006-2007. Dans cette perspective, la France s'investit pleinement dans les groupes de travail concernés et souhaite que puissent être définis, au niveau communautaire, des mécanismes de financement pérenne des charges de long terme du secteur nucléaire.

 


Il y a 19 ans, Tchernobyl

De nombreuses actions partout en France dont une fresque humaine de 10 000 personnes à Nantes Du 23 au 30 avril 2005 : Sixième semaine nationale d'initiatives "Sortir du nucléaire". Tous les détails sur : www.sortirdunucleaire.org

Le mardi 26 avril 2005 marquera la 19ème jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Du 23 au 30 avril 2005, les associations membres du Réseau "Sortir du nucléaire" se mobiliseront devant des préfectures, des mairies, des gares, des sites nucléaires... Des dizaines d'initiatives auront lieu dans de nombreux endroits de France et d'Europe à l'occasion de cette semaine nationale d'initiatives "Sortir du nucléaire".

En particulier, le samedi 23 avril à 14h à Nantes, une fresque humaine géante rassemblera 10000 personnes pour écrire :
LE NUCLEAIRE TUE L'AVENIR, SORTONS EN

Ailleurs en France, des gerbes de fleurs seront déposées pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui sont morts, ou ont souffert et souffrent encore aujourd'hui de la catastrophe de Tchernobyl :

les malheureux décédés dès les premières heures ou les premiers jours suivant le drame,
les 800 000 "liquidateurs" qui ont stoppé la catastrophe et qui souffrent ou meurent les uns après les autres,
les enfants malformés, et/ou très malades, en particulier en Ukraine et en Biélorussie,
le courageux Pr Bandazhevski, condamné à 8 ans de réclusion par la dictature biélorusse pour l'empêcher d'informer les habitants des risques qu'ils courent aujourd'hui encore,
les 400 000 habitants qui ont été contraints de quitter définitivement leur région,
les 8 millions d'habitants qui vivent aujourd'hui encore en zone contaminée,
les citoyens malades suite au mensonge d'Etat concernant le passage du nuage de Tchernobyl sur la France.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" :

exige que toute la vérité soit enfin connue concernant le passage du nuage de Tchernobyl sur la France, que les "menteurs du nucléaire" soient sanctionnés, que leurs projets de relance du nucléaire soient annulés.
dénonce les programmes de désinformation (Core, Sage) organisés par l'industrie nucléaire française pour cacher les conséquences réelles de la catastrophe de Tchernobyl mais aussi d'une éventuelle nouvelle catastrophe nucléaire.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle qu'une nouvelle catastrophe nucléaire est hélas possible, et que le nucléaire produit par ailleurs des déchets radioactifs qui contaminent la planète pour des centaines de milliers d'années. Il faut donc se mobiliser pour obtenir :

un plan de fermeture rapide de toutes les centrales nucléaires, avant qu'il ne soit trop tard,
l'annulation de tout projet de nouveau réacteur nucléaire en France (EPR, Iter, etc…),
un plan ambitieux d'économies d'énergie et de développement des énergies renouvelables.

Retrouvez toutes les initiatives et les contacts locaux classées par départements
sur :
www.sortirdunucleaire.org - Contact presse national : 06 64 100 333

 


La Cogema condamnée par la Cour d'appel de Caen pour stockage illégal de déchets nucléaires

par Greenpeace

Conséquences de la condamnation de Cogema par la cour d'appel de Caen

Hier, la cour d'appel de Caen a condamné Cogema pour stockage illégal de déchets nucléaires. Cette décision a des implications plus larges que la seule question des déchets Australiens. Elle constitue une première jurisprudence dans le domaine de la gestion par Areva/Cogema des déchets nucléaires étrangers. D'autre part, la cour d'appel de Caen a confirmé, comme le demandait Greenpeace, que les combustibles irradiés sont bien des déchets et non des matières valorisables, selon les propos de l'industrie nucléaire.

Sur la question de la gestion des déchets étrangers, la Cour d'Appel de Caen considère que " le stockage depuis quatre ans de déchets radioactifs dans des conditions injustifiées au regard de la législation applicable (…) constitue une atteinte portée à la qualité de l'environnement… " extrait du rendu de la cour d'appel.
La loi du 31 décembre 1991 ( loi Bataille) interdit en effet de stocker en France des déchets nucléaires étrangers en dehors des délais techniques strictement nécessaires pour leur retraitement.
Or actuellement bon nombre de déchets étrangers stockés sur le site Cogema de La Hague ne disposent d'aucune autorisation opérationnelle de retraitement. Au regard de la Loi Bataille, ces déchets sont donc stockés illégalement.
Cette situation qui jusqu'à présent avait bénéficié de la complaisance des autorités françaises et notamment de la Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, est aujourd'hui considérée comme illégale.
La décision de la Cour d'Appel a donc des implications qui dépassent le cadre des déchets australiens, objets du litige. Cela devrait donc pousser Areva, à engager dans les meilleurs délais les opérations de retraitement des déchets et leurs réexpéditions vers les pays d'origine.

Le deuxième point important mis en avant par cette décision concerne la définition même du déchet radioactif. Jusqu'à présent Areva/Cogema, se défendait de stocker illégalement des déchets nucléaires étrangers en prétextant qu'il ne s'agissait pas de déchets mais des " matières nucléaires valorisables ". La Cour, s'appuyant sur les définitions communément admises par l'industrie nucléaire, a tranché ce débat en relevant que le contrat conclu avec la société Australienne Ansto ne permettait " de relever aucune prévision d'une utilisation quelconque du combustible usé ". Par conséquent ces matières " constituent des déchets nucléaires radioactifs soumis au régime (…) du Code de l'Environnement ".(extrait rendu de la cour d'appel de Caen)
L'hypocrisie de l'industrie, qui définit tout déchet nucléaire comme " une matière valorisable ", est battu en brèche par la Cour d'Appel de Caen qui a relevé qu'aucune utilisation ultérieure n'était prévue par le contrat. Notant de plus que " le combustible est déjà lui-même le résidu d'un processus de transformation ou d'utilisation, puisqu'il a été irradié… " la Cour a considéré que seule la qualification de déchet est applicable.

Cette interprétation des textes est cruciale. Elle remet en cause la politique globale de gestion de nombreuses matières nucléaires, uranium appauvri ou de retraitement, Mox ou combustibles irradiés, qui sont aujourd'hui stockées sans qu'une quelconque utilisation ne soit prévue mais que l'industrie refuse de considérer comme des déchets.

 

Rendu de justice :
http://www.greenpeace.org/raw/content/france/press/reports/decision_bouguenais.pdf

 


TCHERNOBYL Plainte contre X

 

lundi 28 mars 2005

Plusieurs centaines de malades, l'Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT) et la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) ont déposé plainte contre X, le 1e mars 2001, pour défaut de protection des populations contre les retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl.

L'instruction, conduite par Mme la juge BERTELLA-GEFFROY, a donné lieu à de nombreuses perquisitions et à la nomination de deux experts M. Paul GENTY et le Pr Gilbert MOUTHON.

Un premier rapport d'expertise (rapport d'étape daté du 16 février 2005) vient d'être transmis à la juge qui l'a adressé aux parties civiles.

La CRIIRAD en fera une étude détaillée et présentera ses conclusions le mercredi 13 avril, à Toulouse, au cours d'une conférence de presse commune avec l'AFMT.

Le dossier que la CRIIRAD a transmis à la justice et dont les experts juridiques devaient vérifier la validité, démontrait :

1/ la sous-évaluation considérable des niveaux de contamination (les cartes publiées les 7 et 15 mai 86 sous-estimaient, d'un facteur 100 à 1 000 et plus, les dépôts de radioactivité sur toute la moitié est de la France)

2/ la violation des différents textes réglementaires sensés protéger les personnes en limitant l'ingestion des aliments les plus contaminés (recommandation européenne du 6 mai 86, règlement européen du 31 mai 86, décret français du 6 juin 66, limites EURATOM de 1980 et 1984 différenciés pour les enfants).

Si la justice corrobore ces accusations, cela constituera une étape extrêmement importante. En effet, depuis bientôt 19 ans, ni les gouvernements qui se sont succédés, ni les services officiels en charge de la radioprotection n‚ont reconnu les faits et la censure est toujours à l‚?uvre. Les cartes de la désinformation sont toujours absentes des rapports officiels avec interdiction d‚y faire référence.

Pour tout renseignement complémentaire vous pouvez joindre Roland Desbordes, président de la CRIIRAD au 04 75 05 32 59 ou au 06 86 18 01 87

Les éléments de preuve réunis par la CRIIRAD seront par ailleurs présentés dans le cadre du colloque " contaminations radioactives et protection des populations " qui va se tenir à Lyon, au siège du Conseil régional Rhône-Alpes, les 1er et 2 avril prochain.

COLLOQUE

Programme :
www.criirad.com/criirad/actualites/ColloqueLyon/ProgrammeColloq.doc
Inscriptions :
www.criirad.com/criirad/actualites/ColloqueLyon/BulletinInscrip.doc

 


Lettre aux parlementaires

Par la Coordination nationale des Collectifs
contre l'enfouissement des déchets radioactifs

Lyon, 24 janvier 2005
aux parlementaires

Madame, Monsieur,

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, se déroulent actuellement à Paris des auditions publiques concernant les modes de gestion des déchets radioactifs à "haute et moyenne activité et vie longue" (dits HAVL/MAVL ou B et C), modes de gestion établis par la loi du 30 décembre 1991 dite "loi Bataille", du nom du député qui en a été l'un des initiateurs.

Ces auditions, programmées par l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, ont lieu en trois temps qui correspondent aux trois voies de recherche préconisées par la loi Bataille : voie de la séparation/transmutation, voie du stockage en couches géologiques profondes, voie de l'entreposage en surface ou subsurface.

Suite à ces auditions, l'Office Parlementaire, par le biais de ses deux rapporteurs M.M. Bataille et Birraux, établira, à votre intention, un rapport sur l'état d'avancement et les perspectives des recherches sur la gestion des déchets radioactifs, pour mi-mars 2005.

Ce rapport se veut d'une importance capitale car il vous apportera des éléments pour engager le débat parlementaire en 2006 sur le devenir des déchets produits depuis plus de 40 ans, et dont la gestion pose un problème crucial, partout dans le monde.

Le contenu de ces auditions et la façon dont elles sont mises en place nous choquent profondément, en particulier celle de ce 27 janvier portant sur ce qui est communément appelé " voie de l'enfouissement ". En effet, nous ne pouvons que constater des carences lourdes nuisant à la démarche démocratique attendue dans ce problème sociétal, et donc aux décisions à venir. De même au sujet de l'entreposage : le dossier n'est pas mené dans la transparence et le CEA va proposer des solutions sans qu'aucun travaux sur site n'ait été réalisé...

Comment comprendre que les intervenants et experts présents lors de ces auditions relèvent essentiellement du secteur industriel, scientifique et politique. Quid de la représentation de la société civile ? Les associations et collectifs, pourtant porteurs d'arguments contradictoires et de questionnements éthiques sur le sujet ultra-sensible de l'enfouissement, largement partagés par la population, sont mis à l'écart. Et ce non seulement aujourd'hui, mais depuis quinze ans sur l'ensemble du processus engagé par la loi Bataille. Pour mémoire, l'article 6 de cette loi, qui prévoit la consultation des populations, n'a pas été respecté, ceci a été confirmé par le Commissaire du Gouvernement (Conseil d'Etat). Et ceci est très regrettable, montrant que les pouvoirs publics n'ont pas tiré les leçons des confrontations passées entre ses représentants et les populations soutenues par leurs élus locaux. Et ceci augure mal des décisions parlementaires et gouvernementales à venir, et de leur impact sur les opinions locales dans les départements visés..

Quid aussi de la contre-expertise ? Les récents résultats de l'étude réalisée par l'IEER (Institute for Energy and Environmental Research), à la demande du CLIS (Comité Local d'Information et de Suivi) sur le programme des travaux à BURE auraient pu donner un tout autre éclairage que celui de l'ANDRA. D'autres experts indépendants ont également travaillé sur le dossier et pourraient apporter des éléments méritant assurément d'être pris en compte.

Enfin, nous déplorons les conditions factuelles de ce débat. En effet, celui-ci pourrait confirmer l'absence cruciale de solutions dignes de ce nom pour gérer ces produits dangereux. Or la décision de relancer un nouveau programme électro-nucléaire, intervenue avant débat sur la question des déchets de cette filière, se comprend comme une mise devant le fait accompli. L'enjeu industriel et commercial représenté par l'avenir du réacteur EPR jette un doute profond sur l'objectivité du débat parlementaire à venir et il est à craindre que l'enfouissement apparaisse comme l'urgence, et la réponse définitive, pour les déchets hautement radioactifs et à vie longue.

La décision exprimée par le Réseau " Sortir du nucléaire " (fédération de près de 700 associations) de décliner l'invitation à ces auditions peut sembler contradictoire avec notre demande d'être entendus et pris en compte mais nous estimons que nous ne pouvons cautionner ce qui ressemble plus à la chambre d'enregistrement d'un projet industriel, aux enjeux touchant à la politique énergétique du pays, qu'à un lieu d'écoute et de véritable débat où nous pourrions présenter la somme d'arguments recueillis et de réflexions construites depuis de nombreuses années.

La politique énergétique représente un enjeu capital pour l'avenir, il doit associer la population, dans toutes ses composantes, aux choix qui seront faits.

Nous vous ferons donc parvenir, prochainement et directement, le fruit de notre travail afin d'apporter un autre point de vue, indispensable, concernant ce sujet si épineux, qu'est le devenir des déchets radioactifs. Et nous vous demandons expressément d'en prendre connaissance et d'intégrer ces arguments fondamentaux dans votre processus de réflexion et de décision.

Restant à votre disposition pour toute demande de renseignements, rencontre ou échanges, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos sincères salutations.

Réseau " Sortir du nucléaire "
Coordination nationale des Collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs


Coordination nationale des Collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs
BP 17 - 52101 Saint Dizier cedex
.Fax. 03 25 04 91 41 - www.burestop.org

 


CHAMPAGNE UN ECRIN CONTAMINE

Par Bure Stop
Communiqué de presse
(Document diffusé lors du festival de photo animalière et de nature de Montier-en-Der, du 19 au 21 novembre 2004)

La région Champagne-Ardenne est incontestablement un joyau en termes de nature, de beauté des paysages, de diversité faunistique et floristique... une région où il fait bon vivre !
Pourtant, comme toute mauvaise maladie, un mal insidieux, bien peu visible et que l'on voudrait occulter, s'attaque à ce territoire. Un mal consécutif à l'une des frénésies de notre société. En effet, et sans que l'on nous en ait expliqué clairement les conséquences, notre mode de vie à tous entraîne une consommation folle en énergies; en pétrole bien sûr mais aussi en ce nucléaire qui comble abondamment notre boulimie d'électricité. Or, cette énergie qui est présentée comme "propre" génère, au contraire, non seulement des monceaux de déchets*, mais des déchets qui dégagent une radioactivité nocive sur des dizaines, des centaines, des milliers d'années...
ici est glissée une bouteille de champagne, radioactive

Et ces déchets radioactifs étant aussi divers que volumineux (58 réacteurs nucléaires en France, un record mondial), les dépotoirs se multiplient et se concentrent -oui- en CHAMPAGNE :

* sur la commune de Soulaines où les déchets qui s'accumulent depuis 10 ans (et pour encore 50 ans) dans des cases en béton devront attendre des centaines d'années pour voir leur radioactivité décroître et disparaître... en espérant que rien ne viendra "troubler" ces poisons sur des temps aussi longs et alors qu'il sont à deux pas du Lac du Der, complexe touristique s'il en est (1 million de visiteurs/vacanciers par an) * sur la commune de Morvilliers, nouveau dépotoir ouvert en 2003... et qui se situe à proximité immédiate des prestigieuses vignes en appellation champagne (le consommateur le sait-il ?) * où encore ? puisque quantités de déchets nucléaires sont en attente "d'évacuation" (radium, tritium, graphite par exemple) * sur la commune de Bure, programmée -sans jamais le dire ouvertement- pour recevoir en sous-sol les pires de ces déchets (très haute radioactivité et à durée de vie quasi-éternelle) alors que cette région est surnommée "le château d'eau de la France", cette eau qui sera l'or bleu de demain SUBIR OU AGIR Sidérant ? Oui, d'autant qu'après avoir martelé de manière mensongère que l'industrie électronucléaire était "propre" (on voit ce qu'il en est), on nous affirme aujourd'hui que ces déchets sont gérés et qu'ils ont trouvé "solutions". Prendrait-on nos concitoyen/nes pour des demeuré/es ? Comment considérer comme solutions des méthodes qui consistent à attendre, béatement, que le temps fasse son effet, en croisant les doigts pour que rien ne vienne perturber ces mortels dépôts, en surface comme dans les entrailles de la terre ? Ici en Champagne, comme ailleurs en France ou dans d'autres pays, nombre de personnes de toutes catégories socio-professionnelles refusent que l'on se débarrasse ainsi de déchets aussi dangereux et, suivant le principe que "quand la baignoire déborde on ferme d'abord en urgence le robinet avant de passer la serpillière", remettent en question une industrie qui ne sait quoi faire de ses déchets. Mais, refuser les modes de gestion actuels (stockage et enfouissement), c'est aussi ET SURTOUT obliger l'industrie nucléaire à travailler sur de vraies solutions, inoffensives pour l'Homme et son environnement. Subir ou agir, ces personnes savent que présent et avenir sont et seront faits de ce que chacun/e d'entre nous y apportera et elles vous invitent à les rejoindre Toutes les infos, actualisées, sur www.burestop.org et à votre disposition le 03 25 04 91 41

 


Hommage à Ted Taylor

Par Ben Cramer
(JNE, coauteur du livre La descente aux enfers nucléaires- éd. L'esprit frappeur)

Theodore Taylor vient de mourir à l'âge de 79 ans . Un chercheur, Un honnête homme, un lanceur d'alerte, tout cela à la fois. Cet homme de science a consacré les trente dernières années de sa vie à se battre pour un monde pacifique et à plaider en faveur des énergies renouvelables. Voici donc un dernier hommage.


1. Hiroshima à l'âge de l'inconscience

Il n'était pas vieux quand il y a eu l'explosion d'Hiroshima et de Nagasaki. Il avait 20 ans. Mais le jeune Ted saisit dans cet événement historique deux choses essentielles qui vont bouleverser sa propre existence. C'est à la fois la surprise et l'embarras. Une surprise ? Oui, explique-t-il je n'avais jamais entendu parler de fission, je ne savais même pas que c'était possible. Embarras ? " Bien sûr, et d'ailleurs j'ai écrit à ma mère quelques jours plus tard pour lui dire " ne t'inquiète pas Maman, jamais je ne travaillerais sur ces armes terribles". Sa mère, qui l'a mis au monde en 1925 à Mexico, méritait bien d'être rassurée. Après tout, elle sait mieux que les autres que Ted avait un faible pour tout ce qui fait boum et à Mexico, où il a passé son enfance (son père dirigeait là-bas le YMCA), les explosifs et les pétards étaient ses loisirs préférés.

A Berkeley, l'événement ne passe pas inaperçu. Les étudiants réagissent. Un petit groupe d'amis dont Ted fait partie, décide de faire circuler une pétition. Objectif : réclamer une grève générale de tous les physiciens du monde. Le texte parvient à Oppenheimer. Il le lit et dit à Ted " Ecoute, reprend ce papier, brûle-le, fais comme si tu n'en as jamais eu connaissance, sinon ta vie est foutue, tu seras étiqueté communiste jusqu'à la fin de tes jours et alors ... " Son professeur vient le trouver et lui promet de lui trouver un job. "Comme j'étais jeune marié avec enfant à charge, j'ai été plutôt reconnaissant qu'on me trouve un job à Los Alamos, ce n'était pas n'importe quoi".

Le destin est cruel : Ted va ainsi oublier la promesse qu'il a faite à sa Maman.... quatre ans auparavant.


L'ascension à Los Alamos

Une semaine après son admission à Los Alamos, Ted devient complètement fasciné, " accroc " - " addicted " à tout ce qui touche à la physique nucléaire. Il est carrément envoûté par les démarches intellectuelles liées à l'enseignement de Los Alamos ; " C'est peut-être dans mes gènes ", s'excuse-t-il, "mais en tout cas je suis fasciné par une explosion, par l'explosion extrême surtout et ce que ça implique en terme de vélocité, de vitesse et d'intensité ... " Tout en osant la comparaison avec l'effet de la cigarette, il ajoute " je ne pouvais pas m'en passer ". Ted se laisse prendre au jeu même si le " jeu " n'est pas vraiment ludique. Il investit son intelligence dans l'amélioration de la bombe au Pu , celle qui avait fait " boum " à Nagasaki, un certain 9 août 1945. Il va aussi assister à des explosions, des vraies, c'est-à-dire des explosions atmosphériques dont deux dans le désert du Nevada . " C'est une expérience unique " admet-t-il en rappelant (à l'époque) à qui veut l'entendre que son travail représente le meilleur moyen de rendre les guerres impossibles, tout en ajoutant que l'axiome est perturbé par la guerre de Corée, puis la guerre du Vietnam ....


Le projet Orion.

L'homme, qui a le look de l'américain lambda, est un visionnaire. Il rêve déjà d'aller visiter Mars et Saturne. Rien ne semble l'arrêter. A partir de 1956, Ted se trouve ainsi " propulsé " - c'est le cas de le dire - à la tête du projet Orion. Un vaste projet, aussi mégalo que les Américains. Sa mission consiste à développer un engin interplanétaire à propulsion nucléaire. C'est d'ailleurs l'époque où certains militaires US envisagent de faire exploser une bombe nucléaire sur la Lune, histoire de montrer aux méchants bolchéviques de quoi le " monde libre " est capable .

Bien avant que nul n'évoque encore le " principe de précaution " et à l'heure où l' "écologiquement correct " n'est guère à la mode, les explosions nucléaires dans l'atmosphère et dans l'espace vont être prohibées par le traité de 1963. Le rêve délirant va donc être enterré.

Mais le professeur Taylor, entre temps, est devenu une célébrité. Le Atomic Energy Commission lui décerne un prix. Aux heures les plus sombres de la guerre froide, sa réputation n'est plus à faire. Il devient un " grand " du nucléaire. Le bricoleur de bombes atomiques n'est pas prêt de prendre sa retraite...


Au service du Pentagone - 1964

Le " mordu " des armes à fission est capable de renouveler les exploits du projet Manhattan en termes de destruction, mais cette fois en miniature . Il se " défonce " dans un domaine qu'il maîtrise, qu'il maîtrise à un tel point qu'on disait de lui que c'est l'homme qui connaît le mieux tout ce qui relève de la physique nucléaire ou, comme dirait Robert Jungk, " probablement le meilleur spécialiste de la construction des bombes atomiques de la génération d'après-guerre " . Alors, des petites ogives nucléaires, il en fera beaucoup. Combien en a-t-il inventé ? Conceptualisé ? dessiné ? Je n'ai jamais réussi à lui faire cracher un chiffre, il répondait de façon évasive : " Oh beaucoup, beaucoup trop ". Pour sa défense, il avait coutume de dire " C'est un travail collectif, je ne peux pas tout m'approprier ". Si le monde a connu la bombe David Crockett qui ne pèse que 25 kilos, c'est à lui qu'en revient la paternité. Mais il ne fut pas du genre à s'en flatter.

Le Pentagone sait attirer à lui les grosses têtes et recrute ceux qui savent faire du design, même si le terme peut paraître inapproprié pour des ogives et si ce n'est pas reconnu comme tel. Dès 1964 , le Pentagone le charge de surveiller les effets des explosions nucléaires. Et c'est dans cette fonction, à ce poste, qu'il commence à regarder au-delà de son labo, et à éplucher des documents. Il se rend compte avec effroi que son pays dispose (" se drogue " dit-il ) d'un arsenal de 35.000 ogives nucléaires et que celles-ci sont dispersées dans le monde entier, " sur les 7 océans et même dans les coins les plus reculés " . Sorti de son " trip ", frappé par ce non-sens, il s'aperçoit aussi des mensonges qui entourent ces activités, que ce soit au Congrès, au Sénat.

Au milieu des années 60, il réalise donc - enfin ! - qu'il a peut être mieux à faire de son savoir et de ses talents. Il commence à alerter le monde sur les risques de prolifération nucléaire. " J'ai compris que je côtoyais l'enfer, j'ai compris à quel point ce que j'avais fait était associé au mal, était vraiment le mal". (evil). Nous sommes en 1966. Ted est en pleine conversion. Il devient un " drop out ". La carrière nucléaire touche à sa fin.


Le cauchemar de la culpabilité

La carrière va le hanter jusqu'à ces derniers jours. Comme tous ceux qui ont manipulé ces engins de l'exterminisme, il éprouve un terrible sentiment de culpabilité, même s'il avoue que c'est très dur d'affronter cette responsabilité dans la destruction . Il a des " flashback " , des effets de retour de la mémoire. A chaque fois, je me mets à pleurer, confie-t-il. " Cela m'est arrivé en 1986, j'étais à Moscou pour une conférence. Sur la Place Rouge, je me suis mis à éclater en sanglots. Ma guide m'a demandé " ça ne va pas professeur ? " Elle ne pouvait pas comprendre... j'avais passé des heures et des heures dans mon bureau à Washington... A l'aide d'un compas, je cherchais désespérément à faire le bon pointage et j'étais désolé si les dégâts prévus par le crayon n'incluaient pas tout Moscou et si j'y parviendrais ... "

Mais Ted n'est pas du genre à s'arrêter au remords, à se morfondre dans la culpabilité. A partir de 1966, il est convaincu qu'il faut débarrasser le monde de ce Mal et, martèle-t-il devant un micro, " c'est ce que je fais depuis " m'explique-t-il en 1998. . L'expert Taylor va être mêlé à l'inspection des dégâts du nucléaire puisqu'il est (aussi) l'un des membres éminents de la commission sur l'accident de TMI . Il se mobilise surtout contre ce qu'il considère être l'une des plus grandes menaces : la prolifération nucléaire et son dérivé, le terrorisme nucléaire. Sur le premier point, il déclare que " il est possible de remplacer le plutonium de qualité militaire par le plutonium de qualité réacteur dans toutes les armes que l'on a fabriquées à n'importe quelle période. Il faut entre 0 et 2 fois plus de plutonium et quelques autres changements " . Il insiste sur le fait qu'il y a tout de même 44 Etats qui disposent de suffisamment de Pu pour faire des bombes. Sur le deuxième point, le terrorisme, Ted est bien placé pour savoir qu'un marché noir existe et que les contrebandiers de l'atome existent. Il s'acharne à dramatiser les risques et certains le surnomment alors le " pessimiste de service ". Ses thèses sur les dangers de la " nuclear malevolence (malveillance nucléaire ") feront du bruit bien plus tard. Il va effectuer la première étude en 1971 sur les mesures de protection contre l'usage criminel des produits fissiles, pour le compte de la US Atomic Energy Commission et ce sur la base de son expérience à l'AIEA. (où il travaille entre 67 et 69). Ensuite, il va impulser une enquête de plus grande envergure pour la Fondation Ford, en collaboration avec le juriste et spécialiste du désarmement Mason Willrich. Son étude fait alors, aux Etats-Unis, l'effet d'une bombe .

Militant au sein du réseau Abolition 2000, qui relie des centaines d'ONG pacifistes à travers le monde depuis 1995, il ne manquera aucune occasion pour pourfendre les puissances nucléaires qui font du recel avec leurs centrales et leurs réacteurs de recherche...


L'alternative solaire - 1980

Ce n'est qu'en 1980 qu'il démarre un nouveau projet, le projet Nova. A la Princeton University, il est nommé "senior researcher" et développe des alternatives à l'énergie nucléaire - L'énergie solaire est un nouveau défi. Le solaire le passionne. Et pour cause : non seulement cela ne le compromet pas moralement, mais en plus les applications de cette énergie sont, à son avis, " le seul moyen de nous débarrasser à la fois des énergies fossiles qui réchauffent la planète et de l'énergie nucléaire ". La trajectoire n'est jamais banale, certes. Celle d'un scientifique de son envergure, et depuis Einstein, celle de nombreux chercheurs, qui ont fait amende honorable et utilisé leur savoir pour tenter de changer le cours de l'humanité. On l'a vu dans le mouvement Pugwash, issu de l'Appel Russell-Einstein, un appel dont nous allons célébrer en juillet 2005, le 50e anniversaire. Le parcours de Ted est un échantillon représentatif d'une catégorie d'hommes qui a su dire non. Tirer les leçons de ses égarements, prendre exemple sur sa capacité à se remettre en question, c'est peut-être le principal cadeau qu'il n'a pu prendre avec lui et qui nous appartient.

1) Le 28 octobre à Silverspring dans le Maryland.

2) Déclaration pour le magazine "Voices", service anglais de RFI, 1998, émission sélectionnée au "Peace and human security media festival" ; New York, septembre 2002.

3) Plutonium.

4) Ted explique que l'une des raisons pour lesquelles les essais sont devenus souterrains, c'était aussi pour que nul ne puisse les voir…

5) Décembre 1959 : les États-Unis ont l'intention de faire exploser une bombe atomique sur la Lune pour démontrer leur puissance militaire, au plus fort de la guerre froide ; il s'agit du projet A119 dont le contenu a été révélé en mai 2000 par le scientifique Reiffel.

6) cf. Roert Jungk, "L'Etat Atomique", éd Robert Laffont, collection Réponses Ecologie, Paris 1979, p. 186.

7) Le "bulletin of Atomic scientists" a donné les chiffres.

8) Lire à ce propos le fabuleux ouvrage de Franco Fornari "psychanalyse de la situation atomique" interdit en France pendant plusieurs années, finalement publié aux éditions Gallimard en 1969.

9) Notre dernière rencontre à Genève lors d'un meeting durant la conférence du désarmement sur le TNP.

10) Three Mile Island, le 28 mars 1979.

11) Une info qui n'a été reconnue en France qu'à partir de 1995.

12 ) Sous le titre " Nuclear Theft : Risks and Safeguards " , texte inédit pour ne pas inspirer trop de gens puis autorisé en 1974.


Sites de référence / pour en savoir plus :

le projet Orion ou " les routes de l'espace par la puissance nucléaire " :
www.istp.gsfc.nasa.gov/stargaze/Fnucfly.htm

la propulsion par bombes nucléaires :
http://www/supaearo.fr/formation/pir-la-2004/chapelle_vallier/Orion

sur les lanceurs d'alerte :
www.sciencescitoyennes.org

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